Laboratoire film & numérique : Kafard Films, atelier parisien dédié à la pellicule

À Paris, dans son laboratoire du 6e arrondissement, Kafard Films entretient des caméras que l’industrie ne fabrique plus et développe les supports 8, 16 et 35 mm. Née comme société de production, l’entreprise a fait de la pellicule le cœur de son activité, initialement à contre-courant et désormais porté par un regain de demande. Découverte…


« Aujourd’hui, 90 % de notre activité est liée à la prestation de services autour de la pellicule », résume Paul-Anthony Mille, producteur-réalisateur et fondateur de Kafard Films, un labo (Kafard Labo) qu’il dit « à taille humaine » constitué de passionnés de l’argentique. Un comptoir Kodak au cœur de la capitale qui met aussi à disposition un parc locatif (Filmantiq) d’une soixantaine de caméras 16 et 35 mm. Bref une offre alternative aux labos industriels encore actifs à l’extérieur de paris.
De la production au tirage
À sa création en 2009, Kafard Films avait d’abord vocation à produire ses propres œuvres. Le passage au numérique a bouleversé son écosystème. « À partir de 2012, les laboratoires photochimiques ont fermé les uns après les autres tandis que les tournages sur pellicule se raréfiaient », se souvient Paul-Anthony Mille. Pour continuer à fabriquer ses films sur ce support, la société a constitué sa propre chaîne de production.
Depuis 10 ans, Kafard travaille avec d’autres producteurs et la prestation argentique a pris le pas sur la production. Comme « l’avenir de la pellicule passe par l’entretien et la maintenance des caméras » explique Paul-Anthony Mille, Kafard a restauré ses caméras lorsque les loueurs s’en détournaient. « Il y a dix ans, on nous suppliait de débarrasser ces matériels. Aujourd’hui, on doit dépenser beaucoup pour les obtenir», observe-t-il. Et outre le 35 mm, le labo compte également un parc locatif d’optiques Super 16 présenté comme l’un des plus complets en France.

L’attrait du film remet les caméras en marche
Le renouveau ne vient pas principalement du long-métrage. Chez Kafard, 95 % des travaux photochimiques concernent la publicité et les clips. Le court-métrage complète cette activité. Les marques de luxe figurent parmi les clientes les plus régulières. Côté demande, les tendances portent notamment sur le VistaVision ou sur le Super 16. Ce dernier étant apprécié pour sa texture qui aujourd’hui évoque le 35 mm des années 70-80. Paul-Anthony Mille estime que tous ces choix n’ont rien d’une coquetterie : « Lorsque l’on tourne en pellicule, dans le cinéma, il s’agit d’un acte audacieux, mais aussi de prestige. » Et cela, la pub l’a bien compris.
Le long-métrage reste toutefois plus hésitant. Chez Kafard, des réalisateurs viennent comparer le 35 mm au 16 mm, ou confronter l’argentique au numérique. « Nous sommes beaucoup sollicités pour les essais lors de la préproduction, notamment par les américains qui tournent à Paris », indique Paul-Anthony Mille. « Mais il arrive souvent que les projets changent de support pour la suite. Le budget n’est pas toujours en cause, poursuit-il. La pellicule s’accorde mal avec des plateaux organisés autour du contrôle immédiat de l’image et des retours vidéo ». De ceux qui avaient envisagés un tournage en argentique se voient refuser le précieux support par le studio pour pallier toute faille de sécurité ; ou encore pour s’assurer de récupérer les rushes le soir même sur les serveurs. Ainsi, les indépendants acceptent plus volontiers le délai du développement et l’attente avant de découvrir les rushes.
Mais de cette contrainte constitue aussi son attrait. « La pellicule demande du temps, elle nécessite de réfléchir », souligne Paul-Anthony Mille. Face au contrôle des capteurs, elle réintroduit une part d’inconnu et une texture qu’il juge impossible à reproduire. « Les ions argent interagissent de manière complètement différente avec la lumière que les pixels d’un capteur grand format. C’est comme le voyage en avion et la marche à pied : la finalité est la même, mais ce sont deux expériences complètement différentes. »

De la pellicule à DaVinci Resolve
Le retour de la pellicule pour la prise de vue doit beaucoup aux progrès des scans (vitesse, capteurs), explique-t-on chez Kafard Films. Après le développement, la numérisation des rushes est confiée à leur Scan Station 6,5K Lasergraphics, pour une sortie courante 4K, en ProRes. « Le DPX demeure réservé à une faible part des projets, notamment de restauration », précise Paul-Anthony Mille. Pour lui, les derniers codecs ProRes n’offrent pas de différence notable avec le format DPX. « Après le développement et le scan, une première courbe sous Resolve permet souvent de révéler l’mage. Inutile de la triturer à outrance pour aller chercher de l’information. Elle a tout de suite une âme ». Et concernant le numérique ? Pas de dénigrement : « il s’agit de la plus belle avancée pour tirer le meilleur du support photochimique dans la chaîne de postproduction ».

Chez Kafard Films, la pellicule ne se maintient donc pas contre le numérique, mais avec lui. Les bains photochimiques trouvent leur prolongement dans le scan 4K et l’étalonnage sous DaVinciResolve. En préservant les machines comme les savoir-faire, le laboratoire fait de l’argentique non pas un vestige, mais un choix encore disponible pour les cinéastes. Et pour que la boutique tourne, au propre et au figuré, pas de salons, pas de projecteurs, le seul bouche-à-oreille suffit pour promouvoir cette offre de niche.

Rendez-vous IBC : rencontrons-nous !

Comme à l’accoutumée, Magic Hour sera présent à IBC, du vendredi 11 au lundi 14 septembre.
Partenaires, clients & fournisseurs, n’hésitez pas à nous contacter pour nous rencontrer.
Pour cela, une seule adresse : info@magic-h.com

Intégration : Magic Hour choisit les châssis InWin et AIC pour équiper ses solutions MH

Considéré comme un simple élément mécanique, le châssis joue pourtant un rôle déterminant dans la stabilité, l’évolutivité et la maintenance des systèmes destinés aux environnements de production. Les configurations embarquent aujourd’hui des composants toujours plus performants : processeurs multicœurs, GPU, cartes d’extension… Accueillir tout ce beau monde impose donc une réflexion sur la gestion thermique et l’organisation interne de chaque machine.
Pour répondre à ces exigences, Magic Hour a sélectionné deux fabricants reconnus : InWin et AIC. Le premier équipe les stations Radiant, la gamme de stations rackables MH, qui intègrent un système de refroidissement par fluide (watercooling). Ce choix technique assure une dissipation thermique efficace des processeurs les plus puissants, tout en réduisant le niveau sonore des machines. Les châssis InWin se distinguent également par l’agencement de leurs composants internes conçu pour faciliter l’accès aux différents organes sans compromettre la circulation de l’air. Et comme chaque projet est unique, InWin répond également aux demandes spécifiques lorsque l’intégration nécessite des adaptations sur mesure.
De leur côté, les NAS Neon de la gamme MH reposent sur les châssis AIC à refroidissement par flux d’air, spécialement conçus pour les infrastructures de stockage. Disponibles dans des formats allant de 1U à 4U, ils privilégient la robustesse, la facilité d’intégration et l’accessibilité des composants, des qualités particulièrement appréciées lors des opérations de maintenance.
En s’appuyant sur les solutions d’InWin et d’AIC, Magic Hour donc fait le choix de châssis éprouvés qui contribuent directement aux performances, à la fiabilité et à la pérennité de ses stations Radiant et de ses NAS Neon, et répond ainsi aux exigences des environnements de production les plus intensifs.

Pré IBC : Lynx Technik porte le délai vidéo à cinq secondes de son retardateur de trame 12G

À travers une modification de firmware gratuite, Lynx Technik porte à cinq secondes le délai vidéo maximal de son synchroniseur d’images PVD-1400, soit 256 images pour les signaux HD 1080p. En 4K/UHD, il atteint 1,2 seconde, ou 64 images. Le retard audio passe quant à lui à 20 secondes en HD et 10 secondes en UHD. L’explication ? Ces nouvelles dispositions visent à compenser les latences des graphiques, caméras sans fil, productions distantes ou encodeurs, et permettent d’aligner liaisons fibre et satellite, flux principal et secours, ou plusieurs écrans. Tous ces paramétrages passent par yelloGUI ou LynxCentraal.
Par ailleurs, le constructeur a annoncé simplifier la nomenclature de ses convertisseurs fibre Yellobrik CWDM avec le suffixe « CW ». Les étiquettes changent mais les fonctions, performances et compatibilité restent identiques !

Rendez-vous Sony à IBC : retour d’expérience autour du REMI & Software-Defined Broacast

Sony vous donne rendez-vous samedi 12 septembre à 16h, au Showcase Theater, Hall 3, pour une conférence consacrée à l’évolution des workflows broadcast vers des architectures de plus en plus logicielles.
À partir du déploiement réalisé pour la Women’s Super League, Sony et Nevion présenteront un retour d’expérience autour du Software-Defined Broadcast et de la production REMI. La session abordera notamment le mélangeur logiciel M2L-X, la plateforme cloud-native Moxela de Nevion, le standard MXL de l’EBU pour les flux temps réel entre applications et l’intégration de VideoIPath. Entrée libre.

Pré IBC : TVU Networks prolonge MediaMesh pour les productions live

Sur son stand TVU présentera trois nouveaux outils destinés à simplifier la conception et l’exploitation de productions live SaaS (Software as a Service). Avec MediaMesh Build, il est possible de créer son environnement graphique sans code pour assembler et déployer des workflows à partir de composants TVU, mais aussi de composants tiers. De son côte, MediaMesh Operate permet de créer des espaces de travail adaptés aux fonctions de chaque opérateur (OPV, LSM, etc.) tandis que MediaMesh Observe centralise le suivi des signaux et des processus distribués afin d’accélérer l’identification des incidents. Avec la plateforme TVU, les déploiements peuvent être cloud, sur site ou hybrides avec la prise en charge des protocoles et recommandations SRT, Smpte ST-2110, NDI, MXL et TAMS. TVU montrera également une fonction de diagnostic assistée par intelligence artificielle, capable d’analyser la télémétrie et de proposer une cause probable en cas de défaillance.

Pré IBC : Sony présente sa caméra FX5

Annoncée en juillet dernier et commercialisée depuis août, la Sony FX5 (Gamme Cinema Line) sera à découvrir dans les allées d’IBC. Sous le capot : un capteur CMOS empilé de 16,6 mégapixels : les photosites et les circuits de lecture sont répartis sur plusieurs couches de silicium, architecture qui accélère la lecture des données, réduit les effets de rolling shutter sur les mouvements rapides, et permet des cadences d’images plus élevées. Elle exploite toute la surface du capteur 3:2 (Open Gate) pour des prises de vue 5K 60 i/s ou 4K 120 i/s max. Outre davantage de latitude de recadrage et l’utilisation d’optiques anamorphiques qu’offre l’Open Gate, la FX5 fournit des fichiers RAW X-OCN 16 bits (Codec Sony). Le constructeur annonce par ailleurs plus de 15 diaphs de dynamique, trois sensibilités ISO de base et un traitement de gain visant à étendre la latitude tout en limitant le bruit.

Pré IBC : mobilité pour cartes Kona, Corvid et tierces

Aja a lancé Io Xpand, un châssis qui relie ses cartes d’E/S vidéo PCIe à un ordinateur portable ou à une station dépourvue de logements adhoc. Côté bande passante, le Thunderbolt 5 fournit jusqu’à 6000 Mo/s. pour les formats les carte PCIe 4.0, 3.0, 2.0 et 1.1 (format pleine hauteur et demi-longueur et modèles double largeur). Io Xpand fonctionne sous Windows, macOS et Linux. Côté Usages, Aja cible les tournages, la remote production, le live et les installations ProAV où l’espace est limité. Io accueille les cartes Kona 1, 4 et 5, ainsi que la plupart des modèles Corvid