Color Grade, le laboratoire suisse au service du cinéma
Direction Satigny en banlieue de Genève, à quelques encablures de la frontière française, où siège un pôle image performant constitué d’entreprises dédiées à la filière cinéma. Le laboratoire Color Grade est l’une d’entre elles. Présentation…
« La création de Color Grade remonte à 2017, à la suite d’une rencontre avec Jean-Baptiste Perrin, coloriste français résidant à Lausanne, raconte Rodney Musso, coloriste senior, français lui aussi, ayant fait ses armes chez Duran Duboi au début des années 2000 et passé quelque huit années chez Digital Factory jusqu’en 2014. Avec Jean-Baptiste, notre projet était à la fois simple et ambitieux : créer en Suisse une structure capable d’offrir les mêmes standards techniques que les grands studios européens. »
« En 2024, à l’initiative de Masé Studios et de Color Grade, les sociétés Le Truc et Dorier nous ont rejoints pour lancer Le Pôle », raconte Rodney Musso. Un lieu qui réunit des sociétés indépendantes couvrant l’ensemble de la filière de postproduction. « Nous opérons en parfaite complémentarité, reprend Jean-Baptiste Perrin. Le Truc, créé et dirigé par Fabrice Rabhi, est un studio créatif composé de 50 personnes, pionnier en Suisse dans la 3D et les effets spéciaux numériques depuis plus de 20 ans ; Masé Studios est quant à lui dédié au son sous la direction de Denis Séchaud, un ingé-son de haute volée.» De son côté, Dorier est spécialisée dans la production et l’événementiel audiovisuel.Étalonnage cinéma
Depuis les débuts de Color Grade, les deux fondateurs ont investi dans des infrastructures techniques particulièrement haut de gamme. « Nous possédons deux salles d’étalonnage équipées de projecteurs Barco Laser DLP Cinema DCI-P3 pour la référence cinéma. En 2K pour la salle de 30 m² avec un écran de 4 mètres de base au ratio 1.9, et en 4K pour celle de 100 m² avec un écran de 8 mètres, toujours en 1.9 », précise Rodney Musso. Dans d’entre elles, si la colorimétrie est bien sûr celle retrouvée en salle, le son a particulièrement été soigné afin de reproduire, en 7.1 via un monitoring JBL, le mix calibré réalisé dans le studio son. La plus grande salle propose par ailleurs le confort d’une véritable salle de projection pour accueillir le réalisateur et le chef opérateur, ainsi qu’une trentaine de personnes lors des premières techniques.
Étalonnage toujours, longtemps fidèle à Lustre, Rodney Musso a finalement basculé vers DaVinci Resolve en 2020. Un choix qu’il assume pleinement aujourd’hui. « Resolve n’a plus rien à envier à la concurrence », estime-t-il, saluant à la fois la qualité de sa « color science », ses outils de tracking, l’ergonomie de son Advanced Panel et la puissance de la communauté internationale Resolve, qui sait toujours répondre aux écueils rencontrés.
Restauration & patrimoine cinématographique
Outre son offre d’étalonnage, de montage et de mastering, Color Grade propose des travaux de restauration et de numérisation du patrimoine cinématographique. Son principal partenaire dans ce domaine est la Cinémathèque suisse, basée à Lausanne et à Penthaz. Une activité qui représente désormais près d’un tiers de son chiffre d’affaires. En quelques années, le nombre de films restaurés ou numérisés « est passé de quelques unités annuelles à une quinzaine de projets par an, précise Jean-Baptiste Perrin qui supervise l’activité restauration (à droite sur la photo aux côtés de Rodney Musso, ndlr). » Pour cela, Color Grade s’appuie sur deux scanners : un Arriscan et un récent Cintel G3 destiné aux workflows documentaires et aux archives plus légères. Mais pour renforcer leur offre, les deux associés songent fermement à l’acquisition d’un scanner Lasergraphics Director, qui leur permettra de répondre aux futurs programmes massifs de numérisation envisagés par la Cinémathèque suisse. « Mais pas seulement, tempère Rodney Musso. Il s’agit aussi d’investir pour l’avenir dans des matériels dont la maintenance est à la fois irréprochable et aux coûts sans surprise.»« Côté restauration numérique, nous travaillons avec la suite Diamant de HS-Art, précise Jean-Baptiste Perrin, l’une des références du secteur, aux côtés de DRS Nova de MTI Film, pour le nettoyage, la stabilisation et la correction des images. » Et Transkoder pour la fabrication des masters. « En matière de restauration, l’expérience acquise à l’époque de la pellicule reste précieuse. Quand on a connu le cinéma argentique, on garde une compréhension très physique de l’image », explique-t-il. Et pour mener à bien tous ces travaux, le laboratoire s’appuie sur une infrastructure SAN Tiger de 780 To qui permet un travail collaboratif en temps réel entre les différentes salles de postproduction.

Incentive suisse
Au-delà de ses équipements, Color Grade bénéficie aussi d’un contexte particulièrement favorable à Genève pour attirer les projets étrangers. Avec la création, en août 2025, de la Geneva Film Commission, le canton a récemment mis en place un système d’incentive qui prendra effet au 1er septembre 2026 sous la forme d’un « cash rebate » permettant aux productions de récupérer jusqu’à 30 % de leurs dépenses de postproduction réalisées localement à partir de 100 000 CHF (environ 109 000 €), voire 35 % en cas de tournage sur place, avec un plafonnement à 500 000 CHF. Une dynamique qui pourrait encore s’accélérer dans les prochaines années avec un projet de studios de tournage actuellement en préparation dans le canton de Genève. Inspiré de modèles comme la Cité du Cinéma en France, le complexe prévoirait plusieurs plateaux et infrastructures de production capables d’attirer des tournages européens de grande ampleur.
Pour Rodney Musso, cette évolution confirme une conviction : la Suisse rivalise désormais avec les grands centres européens de postproduction. Mais au-delà des machines et des technologies, il rappelle que le métier reste avant tout une affaire de passion et de regard : « on peut apprendre à manipuler une machine rapidement. Mais former l’œil, comprendre la narration d’un film et accompagner son émotion, cela demande des années d’expérience. »

Dans les configurations les plus avancées, l’accent est mis sur la capacité de calcul graphique signé Nvidia. Si l’un des enjeux des workstations Aurora est de concilier puissance et compacité, les configurations Radiant en format rack répondent à un autre impératif : la meilleure gestion thermique possible. Magic Hour a ainsi fait le choix d’intégrer des systèmes de refroidissement par fluide pour les processeurs : le système assure des températures de fonctionnement stables tout en limitant le bruit généré par le refroidissement par air, sans oublier la préservation des performances des composants dans le temps, y compris sur le module 1U dans lequel la place est pourtant limitée.
Au-delà de la puissance brute, les stations MH intègrent des éléments pensés pour l’exploitation au quotidien. Dans les versions rack utilisées en configuration media server ou en contexte événementiel, une connectique robuste est ajoutée : le câblage intervient sur la BNC de l’interface intermédiaire et non directement sur les cartes. Dans les environnements de production où les machines sont régulièrement déplacées, câblées et décâblées, cette approche permet de sécuriser l’exploitation, et de limiter les risques de dégradation. Enfin, les stations Radiant sont équipées de fonctionnalités de gestion à distance, comme le pilotage via BMC ou IPMI, permettant de démarrer une ou un groupe de machines à distance, d’accéder au Bios, ou encore, monitorer les constantes de fonctionnement.
C’est à Magic Hour qu’a été confiée une partie de l’intégration dédiée à la postproduction. « Pour la première fois dans la zone Caraïbes, nous avons déployé une infrastructure
Dans la chaîne des partenaires métropolitains de Karukera Studio, 





Le choix du file system a quant à lui été porté sur TrueNAS, un parti pris assumé par Marc Jourdan et les équipes techniques de Magic Hour : « c’est une solution mature, performante, avec beaucoup de documentation. Et surtout, elle repose sur ZFS, qui est extrêmement robuste. » ZFS apporte par ailleurs des fonctionnalités clés pour les studios : snapshots et réplication en termes de protection des données… Cette dernière « est entièrement logicielle, sans perte significative de performances C’est un vrai avantage. » Et dans le cas de très grandes infrastructures distribuées, il tempère : « nous orientons nos clients vers des solutions de constructeurs tels que Quantum ou Qumulo. »

Si l’image présentait ses défis, le son du film relevait de la véritable archéologie technique. Chacune des quatre pistes magnétiques, disposées de chaque côté des perforations, correspondait à une direction de l’espace : nord, sud, est, ouest. « C’était une spatialisation avant l’heure », souligne Nicolas Ricordel. Pour en extraire le contenu, la Cinémathèque a fait appel au laboratoire 



« Nous étions arrivés aux limites de ce que pouvait offrir notre ancien système de stockage, lance Sam Le Gallic-Wolfson, CTO de 




Tracking sans marqueur & effets photoréalistes

À partir du Master Engine, il est donc possible d’ajuster la luminosité, les effets de bloom ou encore la profondeur de champ, mais aussi de distribuer les sources NDI vers les écrans virtuels du décor, et si nécessaire gérer leur apparition depuis la régie… Tous les changements de valeurs sont répercutés sur chacune des machines esclaves assignée à chaque caméra. « Sur le plan technologique et puissance de calcul, le Pôle outre-mer de France Télévisions s’est équipé de l’état de l’art avec des châssis pourvus de GPU Nvidia 5090RTX et 8 licences perpétuelles Aximmetry, sans abonnement, lesquels, en plus de s’adapter à toutes les contraintes du lieu, s’adaptent également aux contraintes budgétaires fixées dès l’origine du projet », insiste Éric Soulard. 



Alors que le monde de la restauration cinématographique et du retour sur film dont le laboratoire fait partie s’inquiète à la fois sur les coûts d’entretien, délais de maintenance, mais aussi sur le manque de R&D pour introduire de la nouveauté (
Le projet consiste à numériser en 2K sur 24 mois les actualités produites par la RAI entre 1952 et 1984. Celles-ci représentent pas moins de 36 000 heures d’images de reportages télévisés tournés en 16 mm. En collaboration avec le laboratoire romain Augustus Color, l’ensemble mobilise une cinquantaine de personnes, 30 dans la Cité aux Deux Tours (Bologne) et 25 à Rome. À terme, ces archives rejoindront le pôle technologique de la RAI à Turin pour les opérations d’indexation des contenus, et leur mise à disposition en ligne dans les archives du diffuseur.
Ce studio photographie prend en charge tous les supports dits « transparents » tels les négatifs photographiques, diapos, plaques de verre, mais aussi les supports dits « opaques » parmi lesquels on retrouve affiches, scenarii, feuilles de services et autres documents propres à une œuvre. « À Paris, L’Image Retrouvée offre ce même service depuis cet été. En phase de proposition auprès de nos clients, ceux-ci peuvent le tester gratuitement et juger par eux-mêmes de sa qualité et de sa valeur ajoutée patrimoniale, » conclut Davide Pozzi.

En guise de présentation, Evo de SNS se distingue par son approche agnostique, compatible nativement avec 


