Glue : transport fibre 3 ou 12G-SDI 

LynxTechnik a profité d’ISE 2026 pour annoncé la sortie de sa nouvelle génération de convertisseurs fibre Yellobrik à destination des workflows HD, 2K, Ultra HD et 4K. La nouvelle série comprend des modèles en 12G-SDI et 3G-SDI : émetteurs SDI vers fibre (OTT 1414, OTT 1814), récepteurs fibre vers SDI (ORR 1404, ORR 1804), transceivers bidirectionnels (OTR 1414, OTR 1814), ainsi que des transceivers permettant le transport SDI sur une seule fibre (OBD 1414, OBD 1814).
Tous ces modèles traitent jusqu’à 4 canaux et s’inscivent dans le format 2RU. Ils peuvent recevoir des modules SFP 1310 nm ou CWDM selon les usages. Chaque canal fonctionne de manière indépendante et bénéficie d’un reclocking automatique, permettant de transporter simultanément différents types de signaux vidéo non compressés sur une même unité. Cette architecture vise à garantir la faible latence et l’intégrité du signal. Comme tous les Yellobrik, ces nouveautés peuvent être utilisés en standalone ou intégrés dans le châssis RFR 1200 lequel permet des options d’alimentation redondée.

 

Conversion audio : du HDMI 2.0 vers Dante 16 canaux

Il était en demo pré-série à IBC, il est désormais disponible depuis ISE Barcelone. Le DA-HDTV-Dante-Tx-UHD est un convertisseur audio multi-codecs 16 canaux destiné à assurer l’interface entre des signaux audio HDMI 2.0 et des réseaux audio Dante. Le dispositif prend en charge un large éventail de formats audio dont Dolby Atmos, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, Dolby TrueHD, Dolby Surround, DTS et DTS:X, y compris Imax Enhanced, ainsi que Mpeg-4 AAC, Mpeg-H, Sony 360 Reality Audio et Auro-3D. Il propose également une fonction de pass-through Dolby Vision. Il possède par ailleurs un moteur de rendu pour s’adapter aux haut-parleurs disponibles, telle par exemple une configuration Dolby Atmos 16 pistes à exploiter en 5.1…

Conversion : Bridge Live 12G-4 et UDC-4K disponibles

Aja VideoSystems les avaient annoncés lors du dernier IBC sans préciser leur date de sortie. Ils sont aujourd’hui disponibles chez votre revendeur favori. À titre de rappel, Bridge Live 12G-4 assure la conversion faible latence entre 12G-SDI et IP pour une utilisation dans les environnements de diffusion, de streaming et de remote production. Il peut gérer jusqu’à quatre canaux simultanés en 4K/UHD en passant par l’Internet public.
De son côté, UDC-4K est un mini-convertisseur dédié à la conversion up/down/cross entre 12G-SDI et HDMI 2.0. Parmi les points forts avancés par le constructeur, il garantit une préservation optimale des détails à travers le contrôle de l’aliasing et des artefacts. Au‑delà du simple scaling, il traite le frame rate et le HDR avec métadonnées (on ou off). Le boîtier, configurable en façade, prend en charge l’EDID jusqu’en UHDp60. En résumé, il vise à simplifier les architectures hybrides (plateaux LED, cars régie, studios IP/SDI) en réduisant le nombre de boîtiers.

Update ProTools, nouvelles prises en charge

Avid a publié une mise à jour ProTools (2025.12). Celle-ci introduit notamment la prise en charge d’Audio Vivid, standard audio immersif piloté par IA pour mixer et positionner des objets sonores en 3D directement dans Pro Tools Studio et Ultimate. La version intègre aussi Bounce Factory Life, un outil automatisé de rendu de mixes et stems, ainsi que trois nouveaux plugins ARA. Parallèlement, cette release corrige de nombreux bugs et améliore la stabilité générale du logiciel.

Update : BirdDog Connect compatible tally Atem BMD

BirdDog a publié une mise à jour de sa plateforme de production à distance Connect marquée par une intégration native du tally Blackmagic Design Atem. Désormais, les sources reçues à distance en NDI, SDI, HDMI ou ST-2110 peuvent être directement associées aux entrées du mélangeur avec un affichage automatique du tally lorsqu’elles passent en preview ou en programme. Cette intégration permet de s’affranchir de plug-,in, scripts ou matériels additionnels.
Cette version introduit également l’affichage de miniatures pour les flux NDI HX, facilitant l’identification rapide des sources actives, ainsi que de nouveaux profils d’encodage GPU pour les workflows SRT vers NDI HX, réduisant la latence tout en améliorant la qualité d’image et les performances globales.

La Cinémathèque suisse ressuscite un film immersif oublié depuis 1963

Une bobine de 694 mètres, un développement logiciel adapté spécialement par Lasergraphics, un format d’image circulaire en « donut » et quatre pistes sonores magnétiques disposées de chaque côté des perforations : la restauration de Nacht ohne Ende (La Nuit sans fin, 1963) n’est pas une restauration comme les autres. Découverte…

Confié par le collectionneur privé Magnus Rindisbacher à la Cinémathèque suisse, Nacht ohne Ende est un court-métrage expérimental signé Adalbert Baltes, réalisateur et inventeur du procédé immersif Cinetarium. Projeté dans les années 60 à Hambourg dans une salle circulaire imaginée par Baltes, Nacht ohne Ende fut l’unique film conçu pour ce procédé à 360 degrés qui avait été présenté 5 ans plus tôt au Photokina de Cologne.
« C’était un procédé complexe à mettre en œuvre, explique Nicolas Ricordel, responsable du département Conservation, restauration et numérisation des collections à la Cinémathèque suisse, mais aussi un format ne bénéficiant intrinsèquement pas d’une définition adaptée pour les grandes salles. »
Ainsi, la bobine confiée à la Cinémathèque suisse se présente sous la forme de copie d’exploitation 35 mm, comportant quatre pistes magnétiques. Un support aussi rare que fragile : « la bobine était atteinte du syndrome du vinaigre, légèrement gondolée, avec une perte d’élasticité, détaille Nicolas Ricordel. La seule copie existante, la seule matrice possible pour tout le travail à entreprendre. »


Un développement Lasergraphics unique

Focus sur les perforations modifiées du procédé Cinetarium. De chaque côté de celles-ci, on distingue une piste magnétique interne et externe.

Pour numériser cette galette atypique de 25 minutes, les équipes de la Cinémathèque ont dû adapter leur scanner principal. « Le Lasergraphics Director est conçu pour stabiliser l’image à partir des perforations, précise Nicolas Ricordel. Mais les perforations du Cinetarium étaient identiques à celles du CinemaScope (4 perfs de largeur réduite, presque carrées, pour laisser de la place aux 4 pistes magnétiques, Ndlr), pour un ratio image de 1:1. À notre demande, Lasergraphics a développé un nouveau module logiciel pour reconnaître ces perforations. »

Passage au Director de Nacht ohne Ende en overscan 5K de la pellicule 35 mm…

Une version spéciale du logiciel a donc été livrée à Penthaz, permettant le bon déroulement de la numérisation en overscan en 5K. Le résultat fut un flux DPX d’images « circulaires », sorte de « donut » central : « Travailler sur une image ronde, c’est assez déroutant pour les opérateurs », sourit Ricordel. « Notre restauratrice Isabel Da Silva a dû effectuer les corrections manuelles dans Diamant, et en amont, nous avons limité les traitements automatiques aux zones utiles de l’image, c’est-à-dire sur la partie en forme de donut. »

Restauration polyphonique
Si l’image présentait ses défis, le son du film relevait de la véritable archéologie technique. Chacune des quatre pistes magnétiques, disposées de chaque côté des perforations, correspondait à une direction de l’espace : nord, sud, est, ouest. « C’était une spatialisation avant l’heure », souligne Nicolas Ricordel. Pour en extraire le contenu, la Cinémathèque a fait appel au laboratoire Cinévolution à Mons, en Belgique. « Chez Cinévolution, Jean-Pierre Verscheure a utilisé son défileur Fougerolle (en photo ci-contre), le seul capable de lire les quatre pistes magnétiques en simultané et de faire défiler des bobines de cette longueur. Il a par ailleurs dû régler les têtes de lecture à la volée, ajuster l’azimuth en temps réel, etc. » Les quatre flux audio Wav (PCM 48 Khz 24 bit) ainsi capturés ont été confiés au studio son interne de la Cinémathèque, où l’ingénieur du son Salah Labidi a procédé à une restauration fine sous Pro Tools Ultimate et iZotope RX : réduction de souffle, suppression des clics, correction des saturations. « Nous devions obtenir un son plus nettoyé qu’habituellement, car en casque VR, les artefacts sont beaucoup moins supportables qu’en salle », précise Nicolas Ricordel.

De la bobine au casque VR

De l’image brute originale de l’unique copie d’exploitation…

Compte tenu de la nature même de Nacht ohne Ende, la restauration n’a pas été pensée pour un retour sur pellicule. Le procédé immersif d’origine, aussi singulier que complexe, suppose en effet une chaîne de projection spécifique aujourd’hui introuvable : faute de projecteurs ad hoc et d’un environnement de diffusion capable de recréer le dispositif du Cinetarium, le retour du travail a été orienté vers une restitution numérique. Le film a ainsi été restauré pour être visualisé en réalité virtuelle, au moyen d’un casque VR, seul support permettant de retrouver l’expérience à 360° imaginée en 1963.
Pour ce faire, la Cinémathèque a fait appel au laboratoire Cineric (New York), spécialisé dans la reconstitution numérique. « Ils ont recréé l’image sphérique à partir du « donut » scanné (bien sûr restauré et étalonné) et fourni un fichier MKV lisible dans un casque VR », indique Nicolas Ricordel. « Désormais, on peut se déplacer dans l’image, voir ce qui se passe autour de soi et entendre les sons selon leur direction d’origine. » Une fois équipé, le spectateur se retrouve plongé dans le Hambourg des années 1960, au centre de l’action, dans une ambiance de polar…

 

… à l’image restaurée par la Cinémathèque suisse et reconstruite pour la VR par Cineric (New York).

Une restauration expérimentale plutôt qu’un programme officiel
Le film n’appartenant pas aux collections de la Cinémathèque, le projet a été mené « plutôt au titre de la prouesse technique suite à l’expérience que nous avions acquise lors de la restauration de films au procédé Swissorama. C’était un dépôt temporaire, explique Nicolas Ricordel. Le collectionneur souhaitait récupérer sa copie après les travaux. Nous l’avons fait en tant que centre de compétences techniques, comme un laboratoire d’expérimentation. »
Aujourd’hui, le fichier restauré est également conservé dans les infrastructures numériques de la Cinémathèque, mais sa diffusion reste limitée : « Les droits sont incertains, précise Nicolas Ricordel. Le collectionneur est certes détenteur du support ; le réalisateur est décédé, et sa descendance demeure introuvable. » Bref, des aspects légaux qui ne facilitent pas la visibilité de l’œuvre. Quelques extraits peuvent néanmoins être projetés lors de conférences ou de festivals techniques, où des projections VR collectives ont déjà été testées.
Travailler sur Nacht ohne Ende, c’était autant redonner vie à une curiosité technique qu’à un rêve de cinéma total. « C’est un projet inattendu, mais passionnant, résume Nicolas Ricordel. Nous avions une image ronde, un son polyphonique, et un support dégradé. Mais au final, nous avons recréé un monde disparu témoin des balbutiements du cinéma immersif. »

Le procédé Cinetarium
Le projecteur, positionné en bas au centre projette l’image sur une sphère miroir suspendue, laquelle reflète le faisceau sur le mur circulaire d’une salle sphérique. S’il n’a été développé qu’un cinéma expérimental de fortune, le procédé proposait un certain effet visuel. Selon les spécialistes, la projection comportait des erreurs et des distorsions d’imagerie qui n’ont pas pu être résolues techniquement.

 

 

Parlons de vos projets au PIDS Enghien !

Au côté des solutions d’archivage et infrastructures SAN signées Quantum, et en complément de ses solutions de production & postproduction, Magic Hour élargit son offre et propose aujourd’hui ses configurations matérielles haut de gamme spécialement dédiées à la création VFX/CGI.
À l’occasion du Paris Images Digital Summit 2026, le festival des effets spéciaux, rencontrons-nous sur notre stand Quantum/Magic Hour au Centre des arts d’Enghien-les-Bains durant toute la durée du PIDS-Enghien-les-Bains, et échangeons sur vos projets et vos attentes.

Plus qu’un lieu de rencontres et d’échanges,
le PIDS, c’est aussi les Digital Creation Genie Awards,
cérémonie qui chaque année récompense
l’excellence de la création numérique.

Résolution & perception : de la pelicule au pixel, jusqu’où voit réellement l’oeil humain ?

La course aux pixels promet toujours plus de netteté, de finesse… Mais notre œil suit-il vraiment ? Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Cambridge fait le point sur ce que nous pouvons percevoir. En ce début d’année, croisons pellicule, numérique, usages professionnels et domestiques, et relativisons sur la « bonne » résolution…

Outre la course à la technologie, l’augmentation continue des résolutions d’image pose une question de fond : ces pixels supplémentaires sont-ils réellement perçus par le spectateur ? Entre les capacités impressionnantes de la pellicule argentique, la performance des supports de diffusion pro et domestiques et les limites biologiques de la vision humaine, la réponse dépendrait étroitement du contexte d’usage…
Une étude menée par l’Université de Cambridge et Meta Reality Labs, publiée dans Nature Communications, a apporté une mesure expérimentale à cette question. Les chercheurs ont évalué la limite de résolution de l’œil humain en pixels par degré (PPD), une unité qui relie directement la résolution affichée au champ de vision réel du spectateur.

Limites de résolution prévues pour les tailles d’écran et les distances de visionnage courantes. Le graphique ci-dessous montre quelle résolution vos yeux sont réellement capables de percevoir en fonction de différentes tailles d’écran et des distances de visionnage. Chaque cellule colorée représente une résolution d’écran qui dépasse déjà les capacités visuelles de 95 % des personnes pour chaque combinaison de taille d’écran et de distance. Augmenter la résolution au-delà de ce seuil ne rendrait pas l’image plus nette. (Source : Computer Laboratory, University of Cambridge, Rafał Mantiuk)

Les résultats montrent que l’œil humain peut distinguer jusqu’à environ 94 PPD (100 pour les plus performants d’entre-nous, sans doute des professionnels de l’image…) pour des images en luminance (noir et blanc), environ 89 PPD pour certaines couleurs (rouge et vert), et seulement 53 PPD pour d’autres combinaisons chromatiques. Au-delà de ces seuils, augmenter la résolution n’apporte aucun gain perceptible. Cette approche est plus pertinente que la simple résolution native d’un écran, car elle dépend aussi de la distance de visionnage et de la taille de l’image.

Usages pros : quand la très haute résolution est indispensable
Dans les environnements professionnels, la question dépasse largement la perception du spectateur. En restauration de films, scanner en 6K, 8K ou davantage comme avec le Lasergraphic Director avec son option jusqu’à 13.5K, permet de capturer un maximum d’informations pour la stabilisation, la correction du grain, la suppression de défauts et les traitements image avancés, dont les grands formats. Même si la diffusion finale se fait en 4K, le sur-échantillonnage améliore la qualité du résultat.
En salle de cinéma, notamment sur des écrans très grands formats la distance spectateur-écran fait mécaniquement baisser le PPD. Dans ces conditions, des résolutions supérieures à 4K peuvent devenir perceptibles, ce qui explique l’intérêt confidentiel mais persistant pour le format 70 mm et plus spectaculairement de l’Imax.
Enfin, vient l’archivage patrimonial, lequel repose sur une logique de long terme, « future-proof ». Alors qu’il est impossible de prédire les formats de diffusion futurs, numériser aujourd’hui à la résolution maximale exploitable permet d’éviter toute perte irréversible et préserver le patrimoine audiovisuel au sens large.

Usage domestique : la limite est vite atteinte

Le Computer Laboratory de l’Université de Cambridge met à disposition de tous son calculateur de résolution perceptible par l’œil humain. Il permet de déterminer les dimensions géométriques d’un écran et sa résolution. Celle-ci est exprimée en pixels par degré, une unité qui correspond à l’image projetée sur la rétine.

Toujours selon les résultats de la fameuse étude britannique, dans un salon standard, avec une distance de visionnage comprise entre deux et trois mètres, les calculs basés sur les PPD montrent qu’un écran 4K atteint déjà la limite perceptible de l’œil pour des tailles courantes. Passer au 8K n’apporte généralement aucun bénéfice visible, contrairement à une amélioration du contraste ou de la qualité de la source.
Vous l’aurez compris, les travaux de Cambridge confirment une réalité bien connue des professionnels : la résolution n’est qu’un paramètre parmi d’autres. Le contraste, la dynamique, la cadence, la stabilité de l’image et l’absence d’artefacts influencent souvent davantage la sensation de netteté que le nombre de pixels.
Ainsi, pour les professionnels, la (très) haute résolution reste une valeur fondamentale pour la restauration et la conservation, et dans une moindre mesure, pour la projection en salles. Quant à l’usage domestique, celle-ci semble davantage prendre les traits d’un miroir aux alouettes, le 4K représentant un plafond perceptif dans la configuration de la majorité des foyers. En définitive, ce que nous apprend l’étude en question est que ce qui importe pour le spectateur n’est pas la valeur de résolution de son écran, mais les pixels réellement perçus par sa rétine et ce, dans un contexte donné. À méditer…



La pellicule : un potentiel de détail élevé
La pellicule n’a pas de résolution native. Toutefois, de nombreux travaux et retours d’expérience convergent vers des équivalents numériques. Une pellicule 35 mm au format scope (2.35:1) serait généralement estimée entre 4K et 6K de détail exploitable, selon le négatif, l’optique et l’état du film. Ces valeurs sont consistantes avec les pratiques de restauration et de l’intermédiaire numérique (D.I.) où le 4K est considéré comme un point d’équilibre entre fidélité et rendement. Pour le 70 mm, la surface image plus importante permet de conserver davantage de micro-détails. Les estimations couramment admises situent le 70 mm standard autour de 10 à 12K, et le 70 mm Imax jusqu’à 16 à 18K dans des conditions idéales. Ces valeurs restent cependant très théoriques.

 

Distribution : Apantac commercialise le module récepteur SDM ST2110/IPMX

Apantac a annoncé au Satis la disponibilité en décembre de son très attendu module récepteur SDM-ST2110, présenté en avril au NabShow. Ce Smart Display Module est directement connectable au moniteur (format L). Il est doté d’une double interface 25 GbE, prend en charge les flux vidéo, audio et data ST2110 et IPMX ainsi que des protocoles NMOS. Il a par ailleurs été primé aux Trophées Satis 2025.

Prodigious unifie son stockage avec Qumulo

L’agence de production et de postproduction du groupe Publicis fait migrer son infrastructure de stockage pour plus de synergies, de souplesse et d’évolutivité. Explications…



« Nous étions arrivés aux limites de ce que pouvait offrir notre ancien système de stockage, lance Sam Le Gallic-Wolfson, CTO de Prodigious France, évoquant la conclusion de ses échanges avec ses collègues des filiales de New York et Londres, respectivement chez Harbor Pictures Company et Prodigious London. Avec notamment une saturation en matière de performance utilisateurs et de gestion multisite. Mais aussi surtout au regard du rapport performances/prix. »
De cette réflexion collégiale, il fallait donc trouver une solution de stockage qui puisse être déployée dans plusieurs régions, garantissant une homogénéité technique et facilitant les coopérations transnationales. Plusieurs technologies ont été étudiées avant qu’un consensus ne se porte sur le file system Qumulo. Sa nature « software-defined » laissant à chacune des entités Prodigious le choix des matériels, y compris, le cas échéant, une réutilisation de châssis déjà en exploitation.




Un système agnostique
Pour Antoine Staszewski, directeur technique de Prodigious en France, « cet aspect agnostique de Qumulo est un avantage au quotidien, pour ce qui concerne la gestion du hardware et les potentielles problématiques d’intervention, et bien sûr sa compatibilité avec les environnements cloud. Qumulo propose nativement des mécanismes de réplication vers des buckets S3, ce qui simplifie la création de workflows hybrides et la mise en place d’extensions de capacité dans le cloud visant à améliorer les collaborations entre l’Europe et les États-Unis. » Parmi d’autres aspects non négligeables en faveur de Qumulo, Sam Le Gallic-Wolfson souligne l’excellente réputation dont bénéficie la marque pour ses outils de monitoring « qui anticipent toute panne avant qu’elle ne devienne dommageable », et la réactivité de son département support : « En France, celui-ci est soutenu par Magic Hour, partenaire de longue date, qui distribue le produit et le connaît particulièrement bien. À New York et à Londres, mes collègues CTO s’appuient également sur des prestataires de choix à l’instar de Prodigious à Paris avec Magic Hour. »

Une bande passante confortable
C’est bien sûr au stockage chaud qu’est attribué le cluster Qumulo composé de quatre nodes de serveurs hybrides HDD/Flash totalisant 480 To utiles. « nous avons une marge confortable de bande passante pour les 50 postes dédiés au montage, à l’étalonnage, à la 3D/VFX (hors Flame qui possède sa propre architecture), au finishing… Et 50 autres postes dédiés à la visualisation et à la validation. » Prodigious compte également 800 To de stockage intermédiaire en plus de son stockage froid en LTO7.

Qumulo propose au téléchargement un livre blanc sur son architecture et sa technologie éponymes.

Sécurité tous azimuts
« Pour ce redéploiement, nous avons donc misé sur les performances, mais aussi sur la sécurité des données », explique Antoine Staszewski. Avec l’ajout d’une option de « security raise » et le QSR (Qumulo Secure Erasure Coding) : celle-ci permet de maintenir la redondance même en cas de perte complète d’un nœud. Le système réduit temporairement sa bande passante, mais continue de fonctionner, garantissant la continuité d’activité. « Mais pour aller plus loin en matière de sécurité, poursuit-il, nous avons confié à Magic Hour la mise en place d’un serveur TrueNas déporté dans un autre nodal de l’agence pour assurer via fibre noire la synchronisation de toutes nos données. » Dans le plus obscur des scénarios, Prodigious Paris peut ainsi opérer en un temps record un plan de reprise d’activité (PRA).

À l’aune de la migration qui devrait intervenir « dans les prochaines semaines », Prodigious a d’ores et déjà entrepris un travail de « nettoyage » et d’« optimisation » de son référentiel estimé à un pétaoctet de données actives, tâche à laquelle œuvre actuellement Antoine Staszewski à Paris. Et si Sam Le Gallic-Wolson et son directeur technique font montre de confiance pour migrer sans rupture de service, ils se montrent également sereins face à l’avenir de Prodigious avec Qumulo. À travers la sécurité et le support, mais aussi à travers l’évolution de l’infrastructure « qui bénéficie de possibilités d’upscaling en termes de capacité et de performances, et ce, pour un budget maîtrisé », conclut le CTO.